Lettre 1
Ma mère avait un oncle qui s’appelait Ernest.
C’était un drôle de personnage. Certains le prenaient pour un génie, d’autres disaient qu’il était carrément cinglé car il passait son temps à faire des choses inutiles, par exemple élever des insectes, compter les étoiles, ou construire dans son atelier des machines bizarres qui ne servent à rien.
 

Il pouvait y rester des journées et des nuits entières. On l’entendait crier des gros mots ou bien rigoler aux éclats. Un jour, il paraît même qu’il a failli tout faire exploser...

Quoiqu’il en soit, malgré ses colères, il était drôlement gentil l’oncle Ernest et surtout il était doué pour raconter des histoires aux enfants.

Ses histoires, comme toutes ses expériences, il les notait dans un gros livre, rempli de photos, dont il ne se séparait jamais et qu’il appelait fièrement son album secret.

Ma mère pense que cet album s’est perdu ou bien qu’il est quelque part au grenier, et que de toutes façons, cela n’a aucune importance comme tant d’autres choses du passé.

En tous cas, si un jour vous avez la chance de le trouver, soyez prudents car l’Oncle Ernest était décidément un drôle de personnage.

 

Lettre 2
L’oncle Ernest était vraiment l’attraction du village. Quand ils le voyaient arriver tous les gosses accouraient pour l’observer ou bien pour l’écouter raconter ses histoires.

On disait qu’il possédait un fabuleux trésor rapporté d’une île lointaine. Cela l’amusait beaucoup d’entretenir la rumeur, laissant entendre que celui qui trouverait son trésor n’était pas encore né...

Il avait toujours sur lui son album secret et tous les gosses rêvaient de lui voler, persuadés qu’à l’intérieur se trouvaient les explications menant au trésor.

Un jour, alors qu’il pensait ne pas être observé, on l’a vu sortir de son atelier tout excité. Il tenait dans ses mains une étrange statuette et criait " celui qui trouvera les sept statuettes magiques pourra ouvrir le trésor ". On a pensé : " ça y est, cette fois-ci l’oncle Ernest est vraiment devenu zinzin ".

 

Lettre 3
Des tas de légendes circulaient au village concernant l’oncle Ernest.

On le soupçonnait par exemple d’avoir rapporté de ses nombreux voyages plein de bestioles bizarres dont il se servait pour faire peur aux enfants. On l’a même vu parler à son album secret comme si à l’intérieur se trouvait un animal apprivoisé.

Quand il se mit en tête de construire une fusée, les gens du village commencèrent à s’inquiéter disant que ce fou d’Ernest ne réussirait qu’à provoquer des orages.

Pourtant lorsqu’après bien des essais il disparut du village on se posa plein de questions. Peut-être avait-il explosé avec sa fusée ? Peut-être était-il reparti dans son île lointaine ?

On fut quand même soulagé de le voir revenir quelques temps plus tard. Il annonça solennellement que les américains s’intéressaient à ses découvertes et qu’il lui faudrait dorénavant protéger son album secret.

En tous cas une chose est sûre, l’oncle Ernest était en avance sur son temps.

 

Lettre 4
L’oncle Ernest était un drôle d’aventurier. Dans sa jeunesse, on raconte qu’il avait fait des voyages fabuleux, traversé les océans, parcouru des pays lointains plein d’animaux curieux.

Du monstre de Komodo en passant par Tombouctou, Zanzibar et l’île de Ticao, il avait tout vu, même le serpent de mer, l’œil du Diable et la Terre de feu.

Il connaissait des tas d’histoires vécues, des trucs d’explorateurs, des récits de marins. On se demandait quand même s’il n’en rajoutait pas un peu.

Quand il sortait du grenier ses souvenirs de voyage, tous les gamins se passaient le mot dans tout le village. Il avait dans sa malle plein d’objets merveilleux : gri-gri porte bonheur, tarentules géantes, coupe-coupe d’Amazonie.

Il possédait aussi un tam-tam africain dont il jouait parfois pour épater la galerie.

Il y a dans son album, des pages précieuses qui méritent sûrement d’être étudiées.

C’est sûr qu’avec tous ses voyages aux quatre coins du monde, il devait en connaître, l’oncle Ernest, des tas de secrets…

 

Lettre 5
Un jour l’oncle Ernest annonça solennellement qu’il allait repartir pour un nouveau tour du monde. Pendant des jours, on le vit se préparer.

Il étudiait avec minutie des tas de cartes de géographie.

Il décrivait toutes les villes exotiques qu’il aurait à traverser : Bombay, Manille, Mexico, Conches sur Gongoire et même Poitiers. Il partait souvent pendant plusieurs jours avec sa voiture, en reconnaissance comme il disait.

Le reste du temps près de la ferme, il s’entraînait. De loin bien sûr les gosses l’observaient en train de courir ou de gesticuler. On interprétait dans ses gestes ses futures aventures. Là, il était dans la brousse en train de pister le lion, là-bas c’était l’Everest qu’il escaladait ; plus loin près de l’étang il chassait le caïman.

Ce qui est sûr c’est qu’avec tout ce cinéma, on lui ferait un triomphe à Hollywood. Avec, à n’en pas douter, un oscar à la clé.

 

 
Jouez avec l'Oncle Ernest | Evènements | Boutiques | Témoignages | Interview